fbpx
financement des aides à domicile

Dépendance : les spécialistes de l’aide à domicile s’inquiètent pour leurs financements [LIEN]

Le grand âge va-t-il payer pour la prodigalité post-crise des « gilets jaunes » ? Les associations et les entreprises de la branche de l’aide, de l’accompagnement et du soin à domicile en ont bien peur. Ces professionnels qui emploient des salariés pour le portage de repas, des infirmières itinérantes ou des auxiliaires de vie, craignent que le gouvernement rogne, voire abandonne, les financements promis, pour boucler son budget. Une crainte encore plus prégnante après la décision de Matignon de  renoncer à des coupes immédiates dans l’assurance-vieillesse .

Lors de  sa déclaration de politique générale, en juin dernier, Edouard Philippe a promis des gestes pour le secteur en octobre, sans attendre le projet de loi dépendance prévu à la fin de l’année – mais qui sera décalé, comme  la réforme des retraites . « Dès le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale, nous enclencherons une première étape, avec des mesures favorisant le maintien à domicile et des investissements dans les Ehpad », s’est avancé le Premier ministre.

L’espoir de 150 à 200 millions d’euros

L’espoir a germé. Surtout après  la riche concertation pilotée par Dominique Libault fin 2018 et la  remise en mars de son rapport , que les spécialistes de l’aide à domicile ont applaudi. Depuis lors, le cabinet d’Agnès Buzyn a multiplié les consultations avec les représentants d’une branche qui emploie 250.000 salariés. Et leur a fait miroiter des mesures d’urgence de 150 à 200 millions d’euros pour revaloriser les salaires.

« Nous pensions que cela serait annoncé dès la fin juin. En fait, Agnès Buzyn a pris la parole le 3 juillet pour lancer une mission sur les métiers liés au grand âge », s’impatiente Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, fédération représentant le secteur privé commercial. L’ex-ministre Myriam El Khomri, qui en a été chargée, doit rendre ses conclusions le 15 octobre. Juste à temps pour insérer par amendement des mesures dans le budget de la Sécurité sociale.

« Nous avons eu trop de déceptions, ça risque d’exploser si rien n’est fait », avertit Thierry d’Aboville, président de l’ADMR, un réseau associatif qui est le premier employeur de services à la personne avec 96.000 salariés. « Les « gilets jaunes », ce sont nos salariés, ils font 360 millions de kilomètres par an dans leur voiture et ils gagnent 842 euros par mois net, avec beaucoup de mères seules », souligne-t-il.

Un plancher tarifaire national

Selon nos informations, les 150 millions d’euros tant attendus sont encore en balance dans les arbitrages budgétaires. Cette somme permettrait de mettre en oeuvre dès 2020 l’une des préconisations du rapport Libault : fixer un plancher tarifaire de 21 euros par heure pour la branche. L’atteinte du plancher ouvrirait droit à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). A ce socle s’ajouteraient jusqu’à 3 euros, en fonction de critères tels que la difficulté de couverture du territoire, la qualité du soin, le niveau de formation…

Aujourd’hui,  certains départements versent seulement 17 euros par heure travaillée auprès d’une personne dépendante. « Or en dessous de 24 euros, nous perdons de l’argent », souligne Florence Arnaiz-Maumé. Pour mettre fin aux disparités de prise en charge sur le territoire, il faudra changer la méthode. « Cela fait si longtemps qu’on nous verse chaque année un fonds d’urgence, de survie, ou d’appui de 50 à 100 millions. Il faut en finir avec les fonds et obliger les départements à ne plus verser une aide à moins de 21 euros », milite la déléguée du Synerpa.

Bien des salariés ne voient pas la couleur de ces fonds d’urgence, car les départements n’y recourent pas pour ne pas se cogner au plafond de progression de dépenses de fonctionnement qui leur a été assigné (1,2 % par an). « A l’avenir, nous voulons avoir la garantie que cet argent sera neutralisé, qu’il ne sera pas pris en compte dans l’objectif de 1,2 % », demande Thierry d’Aboville.

Lire l’article sur Les Echos.fr ]

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur google
Partager sur email
Partager sur print
Logo_SCIC_Les_3_Colonnes_Viager_Solidaire

La Banque des Territoires – Caisse des Dépôts et plus de 1700 membres soutiennent le Viager Solidaire.

© 2019 Le Viager Solidaire tous droits réservés.

Visual Backlinks
Fermer le panneau